mercredi 22 février 2012

Comment perdre les élections : mode d'emploi.


Hollande et la communication, c'est un peu comme Sarko et la culture : un grand moment de solitude. En témoigne le programme reçu dans les boîtes aux lettres ces derniers jours. Rien à dire sur le contenu, mais la maquette comme la mise en page pousseraient un heureux cocu milliardaire du loto au suicide.



Mitterrand s'était attaché Séguéla, Chirac croquait des pommes, Sarko passait le karcher, mais "le changement, c'est maintenant" d'après François Hollande. 
Une vérité qu'on aimerait vérifier. 
Mais…visage crispé, enclin à la constipation, l'homme amaigri qu'on dirait leucémique oppose son trois quarts de face en Une sur un livret sinistre aux couleurs usagées. 
Au sommaire, un laïus de "zeveuzézégzize" qui provoque un fou rire instantané. Avec une mise en page ressurgie des années Gutenberg, les dites propositions ressemblent à un livret d'accueil hospitalier. 
Des photos ridicules, des couleurs de police agressives, qui ne sont rien encore au regard du Français usité. A lire en quatrième de couv' un résumé des "pensées hollandiennes". Je retiens juste ce passage, d'une pauvreté littéraire unique en son genre et que je livre à votre appréciation : 
- "On nous dit qu'on n'a plus d'autre choix que de subir. Alors que c'est justement pour ces raisons que c'est maintenant qu'il faut agir". 
Ah que coucou disait l'ami Jo. Mais lui se contente de chanter quand Hollande joue au Mélenchon. Moi je pensais naïvement que les Français voulaient, entre autres, renouer avec une langue qui pense ses mots, qui les conjugue parfois et les fait rimer, tant ils sont beaux.  
Je me suis visiblement plantée. 
Mais comme qui dirait, vous savez ce que j'en pense. 

mardi 7 février 2012

Le Pen : un glaçon sur l'île de feu


Au pays du métissage, Marine Le Pen, c'est un peu comme un pavé dans la mare. Faut vraiment croire que la cheftaine s'est trompée d'île. C'est en tout cas ce que lui a signalé la foule venue l'accueillir à Gillot. La patronne du FN a traversé le hall de l'aéroport sous les huées des Réunionnais.



Comme une mauvaise idée n'arrive jamais seule, Marine Le Pen a ensuite décidé de se rendre dans l'est visiter un temple malbar. Pour donner une idée, c'est comme si Sarko s'aventurait à la Courneuve, sans escorte. 
A La Réunion, on n'a jamais aimé le front national. En son temps déjà, Jean-Marie en avait fait les frais. Question d'histoire. Voire de mémoire. 
Car même si tout n'est pas rose sur l'île Bourbon, on y conserve une certaine idée de la république, de la tolérance et de la démocratie. 
Des entités conceptuelles qui riment aujourd'hui avec sacré bordel sur mon île. La blondasse le constate : son entourage l'avait prévenue. Ce n'est pas à La Réunion que Marine trouvera les signatures qui lui manquent…
Enfin ce que j'en dis...

lundi 6 février 2012

DSK sur grand écran : clap de fin pour Ferrara


C'est officiel : Abel Ferrara tournera bien un film sur l'affaire DSK à Paris dans les prochains mois. Dans le rôle principal, Gérard Depardieu assistée d'Isabelle Adjani. La rumeur avait donc raison. Le populisme a encore de beaux jours devant lui…



Il ne manquait plus que ça…
Nous avions depuis  mai dernier notre Clinton à nous. 
Oh fierté ! 
Nous nous étions enfin hissés à un niveau international de médiatisation sexuelle. 
Nous apprenions ensuite que  DSK  rivalisait de partouzes avec le plus averti des Berlusconi. 
Au Panthéon du X, nous étions parvenus… 
Au détriment de nos valeurs républicaines, certes, mais le cul, ma brave dame, ça fait vendre… 
Et ça fait tourner le monde. 
Car ne soyons pas dupes. Abel Ferrara n'a rien d'un auteur. Il traverse depuis cinq ans un désert professionnel jalonné d'addictions diverses dont il ne parvient pas à se dépêtrer. L'affaire DSK ? Une bombe à défaut d'un pétard qui risque de lui péter à la gueule. Car derrière la facilité se profile la vulgarité. Et j'ose croire que les cinéphiles français aiment encore le vrai cinéma. Pas le soap opéra.
M'enfin, moi, ce que j'en pense….

mercredi 1 février 2012

Kassovitz fait son cinéma...


"Vous ne m'aimez pas" déclare Kassovitz sur Twitter. Le réalisateur, oublié des Césars a la dent dure et ne risque pas de s'attirer les sympathies. "J'encule le cinéma français. Allez vous faire baiser avec vos films de merde…". Un coup de gueule qui résonne d'amertume.



L'Ordre et la morale : le sujet n'était pas facile et prêtait à polémique. Kassovitz a eu le mérite de s'y atteler, et quoi que l'on pense du résultat, il est en tout cas le premier cinéaste français à avoir osé plonger dans les ténèbres d'Ouvéa. 
Verdict du box office : un flop. Assorti d'une seule nomination aux Césars. 
La pilule est dure à avaler pour Kassovitz qui pense son film depuis plus de dix ans. Oui mais voilà. Malgré le buzz autour de la censure appliquée en Nouvelle Calédonie, l'Ordre et la morale n'a pas séduit le public. Pas plus que les jurys. La réalisateur savait pourtant que le film politique n'a jamais eu la côte en France. Quant à l'événement dramatique sur lequel il revient, qu'avait-il pour séduire le public qui lui est fidèle ? Ouvéa, c'est si loin… Et pas seulement géographiquement  parlant.
Kassovitz s'est planté de cible. Planté de sujet. Ou planté de moment pour réaliser son film. 
Il s'est aussi planté de réaction. La haine, il devrait le savoir, ne profite jamais à ceux qui la prodiguent. 
M'enfin vous savez ce que j'en pense….