vendredi 30 décembre 2011

La vie est une tuerie


J'ai essayé. De me coucher tôt pour voir l'aube se lever. D'arrêter de boire et même de fumer. D'écouter mes enfants rire. De sentir le sommeil me gagner. De marcher dans la garrigue en regardant la rosée perler. J'ai essayé. De lire le soir pour sentir le sommeil me gagner. De ressentir l'amour, ou même la haine. Non, juste de l'apathie. Même plus d'empathie.



Mais de sentir l'automne perler. De regarder le ciel un soir d'hiver. De boire un café en souriant à la vie. De tenter de parler aux arbres et d'écoute leur musique. De regarder le sapin scintillant de nuances. D'écouter les murmures de l'aube et ses promesses. Je n'ai pas pu. Je ne sais plus.
Alors je me suis dit,
Le temps passe et emporte avec lui ses secrets, un Dieu existe et te promet, demain, tout ne sera plus que ce que tu en feras.
Et j'ai dormi.
Plusieurs nuits.
Hantée de cauchemars plus réels que la vie. Tellement empreints de vide qu'au réveil, ça suintait de sentiments vécus et d'odeurs respirées. Inhalés, au hasard d'une vie.
J'ai tu, j'ai tu, j'ai tu. Puis devant le silence de journées torturées, j'ai parlé. Un mur a résonné. Le mur que j'ai épousé.
L'époux dort, malgré la nuit qui m'habite.L'époux dort du sourd sommeil de celui qui sait mais qui n'a plus à donner.
Les nouvelles que je lis ne me révoltent plus. Ce que j'en pense, ce que j'en disais, n'évoquent plus de colère. Le monde va. Le monde crie. Le monde est ce qu'il a toujours été : un microcosme de personnalités qui s'affrontent pour des idées.  Elles sont vraies, elles sont fausses, elles s'opposent. Mais elles sont.
Quelle chance d'en avoir.
Ce que j'en dis.

samedi 3 décembre 2011

Intouchables :Touche pas à mon Pote.



La critique qui  jaillit de la plume d'intellos en manque de reconnaissance est souvent insupportable. Intouchables dépasse les dix millions d'entrées? Que diable! Les Français sont des veaux…



Je suis, je l'avoue, plutôt bon public. Pour autant, je conserve un esprit critique qui m'aide à mesurer la qualité d'un film même s'il ne me plaît pas.
Intouchables, je l'ai vu avec mes enfants, toutes générations confondues. J'ai aimé. C'est un fait. Mais le film a parlé aussi au petit de 9 ans comme au grand de 16 ans. Alors de deux choses l'une.
Soit nous sommes tous débiles dans cette famille de cinéphiles avertis (pas moi, les autres membres, cinéphiles je veux dire. Débile, j'assume seule).
Soit il fallait qu'une certaine critique élitiste fustige le film parce qu'il plaît. 
Cette même critique bien pensante, bien gauchisante, qui traitait déjà à l'époque Amélie Poulain d'oeuvre nationaliste.
Alors nous y sommes. Intouchables "ruiselle de bons sentiments" dixit Frédéric Strauss et Pierre Murat de Télérama, pour ne citer qu'eux.  
M'est avis pourtant que les clichés dont j'avais peur ont été soigneusement évités. En même temps, comme dirait l'autre, si la comédie ne permet plus de s'amuser des dits clichés, on retourne tous à nos Truffaut. Et basta. Sûre que les CriticoCyanurisésDuCiboulot aiment tout autant que les Resnais.
"Pas de rythme" selon nos cerveaux téléramasteurisés. 
"Une technique fadasse qui userait et abuserait de contrechamps". 
Ah voilà! Fallait placer un "terme" pro pour finaliser le torche-cul. C'est fait.
Ben les gars, moi j'ai juste envie de vous aligner, du haut de mes 160 cm, tout plein de claques. 
Parce que la comédie est un genre délicat à traiter, j'ai aimé Intouchables.
Parce qu'il est plus facile de susciter les larmes que le rire : j'ai aimé Intouchables.
Et parce que le film français excelle en matière d'émotions, de sentiments, mêmes s'ils sont bons : j'ai aimé Intouchables. Et pas "Les petits mouchoirs".
J'ai aimé Donoma aussi et dans un autre genre, comme beaucoup de veaux franchouillards cinéphilo-adeptationnables dont Télérama souhaite l'extinction totale…
M'enfin, ce que j'en dis...

vendredi 2 décembre 2011

République, nique, nique.


C'est drôle comme le gouvernement en place a bien appris à conjuguer le mot rigueur. Sauf à la première personne. L'UMP emménagera bientôt dans son tout nouveau siège : une bagatelle de 5 500 M2 à 40 millions d'euros. 
Quand on vous dit que c'est la crise…



Je dépense, tu économise, il trime, nous critiquons, vous bossez, ils trinquent. 
En matière de rhétorique, l'UMP sait y faire. D'ici deux semaines, ni vu, ni connu, le parti de la majorité déménagera dans ses nouveaux locaux en plein coeur de Paris.
Une magnifique façade de verre, une salle de conférence de 800 places, baignée de lumière et cing étages de bureau. Combien de nains à la communication? Gageons sur une trentaine. 
Et cerise sur le gâteau, cette déclaration en coulisse reprise par la Parisien : "Vu le contexte, on ne va pas faire d'inauguration en grande pompe. Ce serait mal vu… L'heure est à la sobriété."
Sobriété. Quel mot étrange! Absent visiblement du vocabulaire sarkoziste qui lui préfère préciosité, royauté. 
Il pourrait rimer avec égalité, fraternité. Voire liberté. 
Trois jolis termes inventés du temps ou république ne rimait pas encore avec nique.
Mais vous savez ce que j'en pense...

mercredi 30 novembre 2011

Le feuilleton DSK, c'est Dallas en plus salace.


Je soupçonne l'avocat de Nafissatou Diallo d'abuser de la coke. Son imagination débordante transporte les réalités dans une dimension tellement sidérale que ç'en est aberrant. Dommage. Douglas Vigdor et ses procédures fumeuses continue de décrédibiliser les accusations de la femme de ménage du Sofitel.



DSK, ces derniers temps,  bénéficiait du doute. La théorie du complot commençait à faire flancher jusqu'à ses pires détracteurs. 
Hop, un coup de baguette magique et retour à la case départ.  Une vidéo surprise jaillit à point nommé. Une jeune femme blonde aurait passé la nuit précédant l'agression avec l'ex président du FMI. 
Jusque là, vous suivez. Moi aussi. Du moins je croyais.
Le lien avec le "viol" de l'employée m'échappe…
Et pourtant, l'avocat s'étrangle depuis hier dans la presse à coups de "vous voyez! vous voyez! cet homme est coupable!'
Non, je ne vois pas. Douglas Vigdor s'explique:
"En rentrant à l'hôtel ce soir là, DSK a tout fait pour faire penser qu'il rentrait seul. La jeune femme est entrée 30 secondes après lui dans le hall. Cet homme cache quelque chose, nous découvrirons quoi". 
C'est affligeant. 
En plus d'attenter de manière de plus en plus virulente à la vie privée d'un homme, un juriste à la skyzophrénie développée joue d'écrans de fumées discutables pour noyer le poisson. En l'occurrence, Nafissatou Diallo qui perd encore de sa crédibilité. Non parce qu'elle aurait menti. Mais parce que son avocat est un joueur de poker averti qui, à force de s'inventer des mains, fait passer sa victime pour une fabulatrice patentée.
Parce que si DSK a effectivement passé la nuit avec une bombe sexuelle, la thèse de l'agression au petit matin tombe un peu à plat, sans jeu de mot. 
M'enfin, c'est juste ce que j'en pense...

mercredi 23 novembre 2011

Les pièces jaunes virent au rouge...


Une info dans l'Express qui passe inaperçue : l'opération Pièces jaunes coûte plus qu'elle ne rapporte. Un élu de Montélimar témoigne…



L'opération Pièces jaunes gagnait sa légitimité avec le franc. L'euro l'a Tuer.
Moins de don, plus légers. Une organisation de plus en plus lourde, soutenue par les communes. Collecter les sous coûte désormais bien plus que ça ne rapporte. 
Mais chaque année, Bernadette Chirac, obnubilée par sa BA-titude, continue de battre ses campagnes au nom de la solidarité. Laquelle? A vous de voir.
Selon Marcel Magnon, conseiller municipal de Montélimar, la facture, pour la virée de l'ex première poule de France s'élève à 80 000 euros. Pour, tenez-vous bien, 10 000 euros de recette. Ma tirelire en frémit. 
Le déplacement de 130 personnes dans le Sud, et pour une seule commune, a été entièrement payé avec un chèque de l'association "Opération pièces jaunes".
Ce soir c'est décidé, je brieffe mes mômes et je casse leurs idéaux. A défaut de leur cochon rose. 
Promis, je leur donnerai encore des centimes à distribuer. 
Mais chez Macdo en pensant naïvement que Ronald ne prendra pas l'Air Force One pour récupérer ses boîtes.
Mais vous savez, ce que j'en pense, c'est un peu comme ce que j'en dis...

jeudi 17 novembre 2011

On piétine bien les cadavres...


Toute journaliste que je suis, la presse écrite m’agace profondément ces derniers temps.  Dsk et ses mines hagardes en Une, je ne supporte plus. Quel est l’intérêt, autre que purement lucratif, de s’acharner contre un homme qui s’est de fait exclu de toute vie publique?

Car c’est bien le fond du problème. "Banane en rut" n’est plus présidentiable. Ni ministrable.  Il ne pourra plus jamais représenter quelconque institution française ou européenne. Il retombe dans le domaine, non pas public, mais privé. Sa vie, son sexe, ses érections, ne concernent plus que lui et ses proches. Ses victimes aussi mais nous avons des instances en France pour faire régner le droit et la loi. Soulignons au passage que la présomption d’innocence ne semble pas très observée cédant sa place à la chasse aux sorcières et autres sms douteux...
Que nous autres citoyens, ne voulions pas d’un âne en rut à la tête du gouvernement, c’est une chose. Que la presse abatte un homme qui briderait un mandat malgré un comportement pour le moins sexuellement déviant, soit. C’est ce qu’on attend d’elle.
Mais aujourd’hui, la situation a changé. En s’attaquant à DSK, les médias piétinent un homme à terre et ravagent son entourage. Or l’homme est redevenu un quidam. Privé à tout jamais d'une existence publique.
Une affaire de moral? L’Express comme le Nouvel Obs s’acharnent sur le cadavre. Au nom de l’éthique? Non. Au nom de l’argent. Dsk se vend bien. La presse française vomit sa haine à la manière de ses confrères britanniques et ce n’est pas à son honneur.
Je pense à Anne Sinclair. je pense à leurs enfants respectifs. Et j’ai honte.
M’enfin, moi, ce que j’en dis...

lundi 14 novembre 2011

Haro sur la culture!


Le livre, le disque, le ticket de cinéma sont devenus des biens de luxe. Une mutation en forme d'abêtissement signée Sarkozy. Tous les produis culturels, hormis le théâtre et la presse écrite, sont désormais taxés à 7% au lieu de 5,5.
Une honte.



Un plan d'austérité pour éviter la faillite. Et la culture première cible du gouvernement. Une hypocrisie démagogique de plus de la part de mister bling-bling qui préfère surtaxer le loisir plutôt que les Rolex. 
Lang, mon ami, reviens parmi nous! Tandis que Malraux se retourne dans sa tombe, Sarko s'enterre dans une politique résolument aculturée qui risque, à long terme, de pénaliser gravement une France dont les cerveaux ont de plus en plus tendance à fuir vers l'étranger.
Jusqu'à présent, les mesures de rigueur évitaient soigneusement de toucher au patrimoine intellectuel, artistique du pays. Même la droite ne prenait pas le risque d'amoindrir les biens culturels. Aujourd'hui, les refuges de l'esprit n'ont plus la cote et l'exception française sombre dans la plus sourde indifférence.
J'expliquerai donc à mes enfants que je n'ai plus les moyens d'acheter des livres. Qu'ils n'ont qu'à télécharger leurs zique sur internet. Que le streaming existe pour mater tous les films. Que le droit d'auteur et la propriété intellectuelle coûtent trop cher pour moi et que de toutes les façons, la culture est un fardeau pour l'esprit. Une arme redoutable qui pourrait leur donner des idées de rébellion. 
Haro sur l'intello. La culture en pâture. Les bouquins au tapin. 
Enfin, moi, ce que j'en dis...