dimanche 13 janvier 2013

De quoi j'me mêle ?

Pourquoi demander l'avis d'hétérosexuels pour légiférer sur un texte qui ne les concerne pas ?  Qu'est ce que ça peut bien leur faire et surtout, leur défaire ?
Mais enfin, sur quelle planète vivons-nous pour oser dicter aux autres un unique courant de pensée ?
La France qui rime avec intolérance n'est pas celle dont j'ai rêvée...


©AFP "Baiser de Marseille"


C'est vrai que dans certains pays du Maghreb, l'homosexualité est un crime. C'est vrai. Mais ici, nous sommes en France. Pays d'Europe où nous avons appris, au travers des siècles lumineux, à vivre en harmonie tout en croyant aux Dieux.
Bon.
C'était pour la rime parce que, France, tu tombes en décadence.
France, tu flirtes sans décence avec l'extrême déficience de cerveaux ultra-conformistes. De gros kystes. Sexistes.
Le mariage gay... La belle histoire... Mais enfin, pourquoi non ? Pour qui, non ? Pour défendre quoi ? Quelles valeurs intrinsèques d'un monde qui ment depuis son origine peut-on encore mettre en danger ?
L'homosexualité... Nous la découvrons ? Ceux qui ne l'assument pas sont sans doute les refoulés les plus dangereux que la société ait à craindre.
Et puis quoi... Moi, je crie ma colère. Parce que, au fond, je m'en fous. Le mariage, homo ou non, n'est plus une valeur à défendre. Derrière, il y a des enfants. Des milliers d'enfants élevés dans des couples homos, hétéros, bi, ter ou je ne sais encore, mais des enfants. Et ces enfants ont besoin de textes, de lois, d'amendements et de ce tas de merde pour se défendre.
Parce que, si derrière le mariage homosexuel se cache le débat de l'adoption, la réalité est tout autre : un enfant a besoin que la loi lui reconnaisse comme parents les deux personnes qui l'aiment pour la vie.
Un homme, une femme, deux hommes, deux femmes.....
Qu'importe pourvu que dans le flacon, y'ait de l'amour.....
M'enfin, moi, ce que j'en pense....

vendredi 26 octobre 2012

L'IVG enfin remboursée !

Aujourd'hui je pense avec ferveur à Simone Veil lorsqu'elle prit la parole devant l'Assemblée nationale en tant que ministre de la Santé pour proposer la légalisation de l'avortement. C'était le 26 novembre 1974. Huée mais déterminée, Simone Veil verra sa proposition votée le 17 janvier 1975...



Près de quarante ans plus tard, l'avortement continue de susciter des polémiques. Et malgré tout, nos députés ont réussi aujourd'hui à obtenir un remboursement total de l'IVG. Ce n'était le cas que pour les mineures et les patientes couvertes par la CMU. Dès 2013, l'ensemble des femmes pourra bénéficier de cette loi, et d'un remboursement à 100% de la part de l'Assurance Maladie. 
A la tribune aujourd'hui, une femme, une autre. Marisol Touraine, ministre de la Santé. Elle a insisté sur le fait qu'"un avortement n'est jamais un acte anodin". 
Devant son poste cet après-midi, Marine Lepen a dû ronger son frein... Celle qui souhaitait "dire stop aux IVG de confort" n'est pas... confortée dans ses pensées. La présidente du FN voulait un déremboursement des avortements. Le tâcle des députés devrait la bouter hors d'elle-même. De France, ce ne serait pas mal non plus. Direction Washington où l'excellent Romney pourrait faire d'elle sa meilleure ambassadrice anti-IVG, puisque "la vie est sacrée, même si elle découle d'un viol...."
Bref, heureusement, nous vivons en France. Nous sommes des femmes libérées (on dit salope en américain et en Lepénien), nous avortons chaque mois parce que c'est une méthode de contraception fiable. Et maintenant, nous pourrons le faire gratuitement, sur le dos du bon contribuable qui, lui, vote pour Jeanne d'Arc, élève 9 poucets et trompe sa femme avec Romney.
M'enfin, ce que j'en dis....


samedi 29 septembre 2012

L'ordi de région : une mascarade à 496 euros…


En région Languedoc-Roussillon, on n'a pas d'argent mais des idées électorales à revendre. Ainsi depuis l'an passé, chaque élève de seconde se voit remettre un ordinateur portable gratuitement et sans contrepartie. 
Cette année, 32 000 jeunes sont concernés. Une aubaine pour ceux qui veulent glaner des sous sur internet....



Quelques soient les revenus de la famille, chaque élève y a droit. Un portable Dell au design plaisant. C'est unique en France. Une idée de notre défunt Frêche aux idées toujours en avance sur les modes. Une longueur de trop visiblement car, oh surprise, l'ordi de Région n'est pas toléré en cours (dans la plupart des lycées). 
D'une part les enseignants n'ont pas été préparés à l'outil et continuent de diffuser de bons vieux polycopiés et de noter au tableau l'essentiel. 
D'autre part les jeunes ont vite tendance à bavasser sur facebook via une connexion wifi diffusée par Iphone. Toujours plus intéressant que le cours de bio-chimie de monsieur Vaseline.
Qu'importe ensuite que l'ado dispose déjà d'un tel outil. Mon fils Théo était déjà équipé, il a pu céder le sien à son frère…. Mais le plus marrant est de consulter les offres sur le bon coin ou ebay. Force est de constater que l'ordi se revend bien. Et c'est navrant. 
L'an passé, près de 32 000 portables ont été distribués pour un coût unitaire de 496 euros. Vive la crise. 
La charge totale ? 47,4 millions... Pour un outil qui n'est pas le bienvenu dans les salles de cours. Mais qui est assez puissant pour héberger "Warcraft " en ligne… 
"Les ordinateurs sont invendables" précise Jean Bourquin, président de Région, rappelant que les lycéens et les parents doivent répondre de cet outil durant les trois dernières années de leur scolarité. 
Une mascarade. Le corps enseignant n'a ni le temps, ni l'envie, d'assurer le suivi des ordis de région. Quant à la région LR, pourquoi n'a-t-elle pas mis en place une commission chargée de vérifier le devenir des portables ? 
Ou mieux, préparer en amont le corps professoral à intégrer l'outil à l'enseignement. 
Enfin, mais ce que j'en pense…. Il aurait été plus judicieux d'équiper l'ensemble des établissements d'espaces numériques conséquents dans lequel les jeunes qui ne disposent pas d'ordi chez eux auraient eu des postes de travail à leur disposition. 
Moins électoral mais plus égalitaire….

lundi 10 septembre 2012

Haro sur la culture : crise de foi à gauche.


La culture, finalement, c'est de la confiture. Pas nécessaire d'en rajouter sur la tartine. Une nourriture de l'esprit qui fait prendre trop de poids au budget. Alors on coupe au fil à beurre dans le gras. C'est la crise de foi…



Sous l'ère Sarko, j'aurais compris.  On ne s'était d'ailleurs pas gêné pour augmenter la taxe sur les produits culturels. La décision n'avait pas fait grand bruit. Ceux qui pouvaient continuer de payer ont joué le jeu. 
Aujourd'hui, les décisions d'Aurélie Filippetti tranchent dans le vif. Il y a bien entendu tous les projets culturels entamés par le précédent gouvernement qui sont stoppés. ça sonne un peu comme une vengeance. Un tâcle tout au moins.
Il y a en parallèle d'autres scénarii à réécrire, ce qui en langage "production de pouvoir" signifie "voir venir, annuler entre-temps". 
La culture… C'est ce qu'il reste en fin de mois quand on a tout payé. C'est un luxe, certainement. 
La culture… Le Graal de toute une frange de population qui n'a pas les moyens, juste quelques moyens, et qui se console en accédant aux délices de l'art, sous toutes ses formes. 
Des Français moyens  qui depuis hier soir croulent sous les mesures d'un gouvernement de gauche plus à droite qu'il n'y paraît. 
Encore que l'URSS et la Chine se revendiquent socialistes. Suivons donc l'exemple. Emprisonnons les écrivains !  Brûlons les livres ! Faisons taire les leaders d'opinion ! Transformons les musées en prison au nom de la rentabilité. Parce qu'avec l'augmentation des impôts qui nous est promise il y a peu de chance qu'il nous reste trois kopeck pour se cultiver.
Enfin, moi, ce que j'en dis...

jeudi 6 septembre 2012

Que serait le Réunionnais sans la suprématie Zoreil ?


Avant de lire cette Zumeur, un brin de lecture s'impose. Mon amie Lola (une zoréole au QI douteux...) m'a fait suivre ce lien que je vous enjoins à consulter avant de mesurer l'étendue de ma colère…




En préambule, j'explose. Tant de conneries appuyées par tant de références douteuses me font tressauter. Je passe sur le mauvais Français pour m'attacher à l'essence de ce billet (?), article (?). Insupportable. Inacceptable. Mais, souvent, quand les petits esprits s'imprègnent de folies de grandeur intellectuelle (Ref Molière), le pire est à craindre. Et le pire, c'est ce torchon écrit, j'en jurerais, par un zoreil imbu (de rhum ?) qui n'a juste rien compris à la beauté de mon île, à sa richesse, ses cultures, son ouverture, sa tolérance et précisément, son intelligence dont nous devrions plus souvent, nous autres "pétromolitains", nous imprégner….

"Déjà notons que pour réussir un test de QI, il faut au moins maîtriser la lecture, le calcul et le vocabulaire. Or notre île compte au bas mot 120 000 illettrés (pour la plupart majeurs et électeurs…). Ce qui veut dire que ceux-ci font lourdement chuter la moyenne de la Réunion."
J'adore l'insistance sur la notion de droit de vote. Faut-il avoir fait l'Ena pour devenir citoyen ? Faut-il interdire le droit de vote à ceux dont le score est inférieur à 100 ? (moyenne métropolitaine…). En outre j'ajouterai qu'un test de QI n'engage que celui qui le fait subir, et certainement pas l'être dont la logique dépasse souvent l'idiot bête qui pose les questions, souvent énigmatiques, de ce genre de quadrillage mesquin et réducteur. Quant à l'expression "faire lourdement chuter la moyenne" revient à jeter la pierre à ceux qui, effectivement, n'ont pas eu la chance d'accéder à l'éducation dont l' (h)auteur semble se gausser…




"Ensuite rappelons que la logique et la rapidité mentale sont également nécessaires pour obtenir un haut QI. Ces facultés ne s’obtiennent que par la pratique régulière de la réflexion. Mais sont-elles développées à la Réunion ?"
Des propos qui laissent pantois. Empreints à la fois de racisme primaire, d'ignorance et de bêtise surannée… Ah voilà, je perds mon sang froid ! Mais comment peut-on proférer de telles bêtises ? "La pratique régulière de la réflexion…" Alors s'impose dans mon cervelet mi-créole l'image de la BD " Aux temps bénis des colonies" (les Créoles y reconnaîtront la référence Cri du Margouillat…). 



"De plus, lorsqu’on voit que la presse locale ne pratique aucun débat économique, encore moins politique, on comprend que cela a une conséquence sur la pensée dominante: moins on réfléchit et plus on est normal. De fait, la curiosité intellectuelle et l’esprit critique sont annihilés par le dénigrement de l’éducation et l’absence totale d’information. Ce qui empêche alors de percuter rapidement sur tout sujet, y compris au teste de QI."
Là, j'avions pas suivi le raisonnement qui trace un trait d'union entre "presse de merde" et "intelligence percutante". En même temps, je suis journaliste… Et j'ai été formée à la Réunion…. Disons alors que je suis de parti pris… Je retiens donc simplement et bêtement, puisque je suis journaliste, et plus réunionnaise de coeur, d'âme et de culture que zoreil, que je n'ai ni curiosité intellectuelle, ni esprit critique. Et ça vaut mieux parce que sinon, je traînerais l'auteur de ce texte devant les tribunaux. 

".Aussi l’ethnocentrisme et la suffisance deviennent la norme et interdisent alors tout échange avec l’extérieur, pourtant facteur d’enrichissement mutuel. Ce qui fatalement génère une société extrême et repliée sur elle-même (sacré paradoxe quand on sait que les Réunionnais viennent du monde entier), comme celle décrite dans le film Le Village." 
On sent la référence cinématographique de haute volée. Et là, on prend réellement peur en constatant que le scribouillard qui a pondu ce tissu d'âneries n'a sans doute pas, pour sa part, un QI plus élévé que les "attardés mentaux" dont il parle. Ethnocentrisme ! Rien de moins ! C'est drôle comme les points de vue divergent d'une expérience à l'autre. Dix ans de Réunion m'ont montré les mille et une facettes d'un peuple aux cultures les plus diversifiées, riches d'échanges comme d'apports, mais jamais figées. Tout l'inverse d'une supposée position foetale.

Je vous passe l'affligeant chapitre sur la supposée dictature de l'esprit comme de l'économie dispensée par quelque politique (on sent un vieille haine anti Vergès poindre, un peu dépassée. Le gars a juste quinze ans de retard…). Mais on rit à gorge déployée de voir le "gouvernement îlien" comparé à l'Etat dénoncé dans le film Matrix. Pour sûr, ce gars là regarde M6. 
Quant à l'éventuelle volonté que le peuple réunionnais aurait de résister, je cite là encore : "Ils seront de toute façon boycottés et/ou insultés par les moyens de communication de masse que sont les journaux. Car les politiques, dans leur grande perfidie, ont bien pris soin de verrouiller tous les mass media locaux." 
Ah…. La bonne vielle théorie du complot…. Je me disais, aussi, que par certains côtés, ce chroniqueur de volée supérieure me rappelait un peu Lepen… Confrères de là-bas, j'attends vos réactions avec une impatience non dissimulée… (Mention spéciale à François et David qui se reconnaîtront).

Je zappe également l'affreux chapitre-hommage aux zoreils éclairés qui ont su apporter un peu de lumière à nos dégénérés, vivants, je cite "dans les ténèbres de la caverne". Socrate livre de chevet de cet abruti ? Laissez moi rire. Jaune.
Ne retenons que l'essentiel d'une si piètre tirade : Les "Créopolitains" (oupsss, quel néologisme ridicule et prétentieux pour nommer un zoréol !). "Incorruptibles, peut-être un jour seront-ils les objecteurs de conscience qu’attend notre Réunion du 21ème siècle ? Les éleveurs de notre QI et donc de notre dignité…" 
C'est pas Ta Réunion mon gars, c'est La Réunion des gens qui y ont appris l'humanité, et même l'humanisme. La Réunion de ceux qui l'ont bâtie grâce à des sentiments non emprunts de préjugés grotesques. Alors rente out case et casse ta plume.

Enfin, j'aime particulièrement la conclusion, pathétique envolée lyrique d'un inculte méprisant qui, pour ce que j'en pense, a tous les atouts d'un colonialiste "dégénéré" au QI "d''attardé mental" qui n'arrive pas à la cheville du 70 réunionnais : "Pensons aussi que le quotient intellectuel moyen des Français ne devait pas non plus voler très haut avant la Révolution de 1789… Tout espoir est permis." 
Mais c'est vrai. Il a raison. Sûr qu'il fallait être con pour préparer et revendiquer la liberté, la République, réinventer l'Histoire pour que l'homme devienne Homme. Car effectivement l'espoir est à la base de toute évolution. En ce qui vous concerne, monsieur, il n'y en a pas. Ni d'espoir. Ni d'évolution à attendre.
Mais vous savez, ce que j'en dis….

vendredi 24 août 2012

Les couleurs de la haine

Fou ce que la mort d'une "icône" peut susciter comme sentiments ambivalents chez le descendant du singe. JLD s'est éteint aujourd'hui. Et les réseaux sociaux, engorgés, ont frôlé l'apoplexie. J'ai lu, insensible, et  découvert combien célébrité pouvait rimer avec saleté.

 Jean-Luc Delarue a rendu l'âme (à qui de droit. Me demandez pas, j'en sais foutre rien). Jeune et encore beau sur les derniers clichés autorisés.
Toute la sainte journée, mon téléphone a bipé. Les twitts ont succédé aux tweets. Et dans notre malheur, un coup de chance,  l'iphone de Valou T épouse H n'avait plus de batterie. Ce qui n'a pas empêché un vaste défouloir de bons mais surtout, de mauvais sentiments.




En buvant ce soir un  coup à l'humanité, m'est venue cette question : qu'est ce qui a changé depuis la mort de Badinter.... Rien. La mort est restée une punition. Je ne parle bien évidemment pas ici du massacre massif de populations dont l'audimat frise celui d'Arte à 2h du matin.
Non. Je parle de la Vraie Mort. Celle qui touche parce qu'elle parle. La mort d'une "icône" de la télévision. Le mort à-la-mode-de-chez-nous. Celle qu'on idéalise. Celle qui réveille nos pulsions. De jalousie, de haine et souvent peu de pitié.
J'ai lu quelques clichés éplorés. Mais j'ai surtout perçu le ressentiment de non-personnes empressées d'enterrer celui qu'elles idôlatraient quelques années auparavant.
JLD, ce génie du PAF, qui a su imposer une nouvelle image du petit écran avant de s'envoyer en l'air et  au ciel à coups de rails, d'insultes et de coups de rouge.
JLD, le gendre idéal avant qu'il ne devienne le putching ball des petits média.
JLD ne pouvait pas monter si haut pour ne pas descendre aussi bas.
JLD ne pouvait pas réussir aussi facilement sans le payer. Le prix fort. La mort.
J'ai lu à ce propos des posts incroyables. Des "Bien fait", des "Il l'a mérité". Des "Qu'il crève, encore et encore et encore". Et je me suis dit. La peine de mort, était-ce autre chose ? Des "gens" qui scandent leur bonheur de voir souffrir, puis disparaître, un être ? Mais quelle personne faut-il être pour souhaiter autant de mal ?
Je ne suis pas sa femme. Ni son amie. Je suis juste un être humain. Et je ne comprends pas, en toute naïveté, quel plaisir on peut prendre au décès de quelqu'un, fut-il même un criminel. Ce qui en l'occurrence, aurait pu être le cas... (ref vol AF N° 75 566 ?).
Ses tords, s'il en a, est de n'avoir pas eu le temps de se réhabiliter devant les caméras. D'avoir accepté ses erreurs. D'avoir avoué ses addictions. D'avoir parlé de sa maladie, qui le rongeait. Toutes ces petites choses qui le rendaient humain. Et les petites gens préfèrent les Dieux. Les morts brutales confèrent un héroïsme que l'agonie ne permet pas.
M'enfin, vous savez ce que j'en pense.


samedi 18 août 2012

La boussole


J'ai perdu tout sens de l'orientation. C'est arrivé ce soir. Et Dieu sait pourquoi, j'ai immédiatement raccordé les fils rouges au bouton écarlate qui me sert de cerveau. C'est arrivé, c'est tout. Fatigue, absence, solitude. Des sentiments universellement communs qui, conjugués au présent, sèment une zizanie contagieuse depuis le coeur, jusqu'à l'esprit.



Quand le temps se fait rude. Quand il se fait sentir. Quand il pèse, même, plus lourd qu'il ne devrait. Quand il n'en finit pas. Quand il se prélasse jusqu'aux dernières secondes qu'ils envoient mourir en écho de minutes passablement perverses.  Alors je me retourne. Et je vois, sur le pas de mes rêves, une enfant aux yeux graves qui regarde par delà, derrière ou devant. Peut-être même de biais. C'est incertain. 
Mais vers demain. Sûrement. C'est certain. 
Ce regard là qui me hante n'est pas le mien. Simplement, celui du chagrin.
Quand on sait lire par delà les familles, les histoires, les bonheurs et puis quand on apprend, enfin, à déchiffrer les signes.
Quand on croit tout savoir, des familles, des histoires, des bonheurs pour comprendre qu'enfin, rien restera sans fin.
Quand on a tout vécu des familles, des histoires, des bonheurs, quand tout se résume en sorte à fine peau de chagrin.
Alors, alors on se retourne vers l'enfant. Ses yeux graves. Son visage, incertain. Penché. Vers demain croyait-on ? Vers demain ? Mais il hésite voyez-vous, il oscille. Tellement, qu'on ne sait plus quelle boussole l'anime. Tellement qu'on se sait plus quel sens lui donner. Tellement qu'on ne sait plus bien qui l'on a pu aimer.